Rencontre avec Isabelle Carré – Les Editeuriales 2019

Depuis 2015, la Médiathèque François-Mitterrand de Poitiers organise les Editeuriales, une carte blanche à un éditeur où des auteurs d’une édition (cette année Grasset) sont invités accompagnés de leurs éditeurs.

Pour cette édition 2019, c’est Isabelle Carré, cette fois-ci non pas la comédienne, ni l’actrice mais l’écrivaine qui nous a fait l’honneur de venir à Poitiers et devant un nombreux public (près de 300 personnes au compteur, un record pour la Médiathèque).

L’écrivaine est donc venue avec son éditrice Juliette Joste et une journaliste littéraire Josyane Savigneau pour parler de son premier roman Les Rêveurs (grand prix RTL-Lire 2018 entre autres). La comédienne – qui joue en ce moment au théâtre de la Renaissance, La dégustation une pièce avec Bernard Campan, 17 ans après Se souvenir des belles choses (film qui lui a valu un César de la meilleure actrice) – est revenue sur son livre qualifié de « livre poétique » où le rêve est récurrent.

Elle y raconte l’histoire d’une famille peu conforme (la sienne), avec ses secrets de famille comme la découverte de l’homosexualité de son père, une mère dépressive où l’enfant (Isabelle Carré, l’écrivaine donc) fait face aux secrets, ne perçoit pas les silences. C’est cette même enfant qui a été à l’hôpital psychiatrique très tôt pour une T.S (tentative de suicide). Isabelle Carré dit d’ailleurs qu’elle s’est moins protégée dans ce livre que par rapport à sa famille ; par ce biais elle s’est éloignée de la réalité car comme elle le dit il s’agit « d’un roman pas d’un récit ».

D’ailleurs si Isabelle Carré écrit, c’est pour un désir de rencontres, le mot rencontre est écrit plus d’une quinzaine de fois dans le roman. Elle désire rencontrer un public, échanger car l’écrivaine s’est longtemps tût, pour écouter les gens au hasard d’une rencontre d’un trajet de train par exemple.

Ce roman, qu’elle qualifie, elle-même de lumineux, est à son image. On y vogue de chapitres en chapitres comme dans un doux rêve et c’est dans la déconstruction que ce fait une véritable construction avec ses associations d’idées, qu’elle nomme « fouillis » et qui ressemble à notre façon d’être, être en fouillis par filigrane.

A la fin de la rencontre et avant les dédicaces organisées par la librairie Gibert Joseph, quelques spectateurs ont pu poser des questions pour une réponse qui en fera rêver plus d’un : oui Isabelle Carré a un rêve – car c’était la question : continuer l’écriture.

Les Editeuriales continuent jusqu’au 23 mars.

+ Pratique

Adresse 
Médiathèque François-Mitterrand 
4 rue de l’Université 86 000 POITIERS

Pour plus d’informations : http://www.bm-poitiers.fr/Default/Default/editeuriales-2019.aspx