Quand les murailles protégeaient la ville

C’est donc à cet endroit que l’enceinte fortifiée, construite par Henri II Plantagenêt et poursuivie par le duc Jean de Berry, est renforcée. Selon les époques, les remparts atteignent une longueur de plus de 6500 mètres, entrecoupés de 60 à 80 tours et 6 portes monumentales. D’une hauteur de 6 mètres et d’une épaisseur de 2 mètres ; ils sont impressionnants même s’ils perdent de leur importance après  l’invention du canon.

Face à la Boivre, qui offre la protection de ses étangs inondés, « les étangs de Saint-Hilaire », les tours de Vouneuil, du Pont Achard et de la Tranchée constituent le triangle  stratégique de la défense de la ville. Paradoxalement, ce n’est pas l’ennemi qui entame une brèche dans  la muraille mais une ligne de tramway en 1892! Entre-temps, la ville qui étouffe dans son corset,  arase nombre de ses tours, comble les douves et perce des ouvertures dans la muraille. Les habitants construisent même leurs maisons contre ses parois. Ce qu’il reste de l’enceinte fortifiée est classé au titre des Monuments Historiques en 1921.  Aujourd’hui, de beaux vestiges demeurent  visibles, notamment rue des Remparts et rue des Douves, les bien nommées.

A leur intersection, se  trouve la tour de Vouneuil, également appelée tour du Fou ou encore Tour du Prieur. Haute d’une quinzaine de mètres, elle contemple, majestueuse,  la vallée de la Boivre pour l’éternité. Une autre tour, moins connue car cachée par le parc ferroviaire, est la tour Aymard de Beaupuy, appelée également tour du Solitaire. On peut l’apercevoir de la rue Maillochon à travers les rails.

D’autres tours, comme celle du Cordier (à la porte de Paris), la tour Bénisson  (sous le pont de la voie André Malraux) ou encore la tour à l’Oiseau (en contrebas du parc de Blossac) rappellent le temps où Poitiers défiait ses ennemis avec panache.

Philippe Jeanmichel

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