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La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers

Histoire/Art

La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers

Située en contrebas du cœur historique de la ville, la cathédrale de Poitiers est à l’écart des circuits touristiques.

Elle a d’ailleurs du mal à s’imposer entre Notre-Dame-la-Grande dont la fameuse façade d’art roman en fait la célébrité et la mystérieuse église Sainte-Radegonde. Et pourtant, ce vaisseau de pierre est un bâtiment original, inspiré par le style gothique Plantagenêt.

On sait qu’une cathédrale antérieure à celle d’aujourd’hui a existé et que c’est dans celle-ci qu’Aliénor d’Aquitaine (1122-1204), s’est mariée en 1152 avec Henri Plantagenêt  (1133-1189). Dix ans plus tard, Jean Bellesmain, l’évêque d’alors, lance le vaste chantier de la nouvelle cathédrale, dit-on à la demande d’Aliénor, selon une architecture qualifiée de gothique angevin ou gothique Plantagenêt ou encore gothique de l’Ouest qui est une variante de l’architecture gothique classique.

La construction est longue et lorsque le Poitou redevient français, l’évêque Jean de Melun poursuit les travaux. Il y introduit des touches de gothique du Nord, modifiant profondément le projet initial, mais à la fin du XIIème siècle, la cathédrale reste inachevée. Il faut attendre l’arrêt des troubles du siècle suivant pour qu’elle soit enfin consacrée et dédiée à Saint-Pierre le 17 octobre 1379. La cathédrale subit  alors l’outrage des conflits successifs.  En 1346, pendant la guerre de Cent Ans, la cathédrale est pillée par les troupes anglaises. C’est encore le cas en1562 lors des guerres de religion. Puis, la ville est assiégée en 1569 par les troupes protestantes.

D’ailleurs, le bâtiment conserve encore les impacts de boulets que l’amiral de Coligny fit tirer des Dunes sur le chevet de la cathédrale. La nature s’en mêle également, lorsqu’à Noël 1681, un incendie détruit l’orgue et dégrade la rosace qui n’est restaurée qu’en 1687. La foudre frappe plusieurs fois la flèche que l’évêque fait démonter en 1737. Les évènements politiques de la période révolutionnaire amènent la cathédrale à servir de  Temple de la Raison entre 1793 et 1795. Il faut attendre 1801 pour que le siège épiscopal soit enfin rétabli. A suivre…

Philippe Jeanmichel, auteur de MARIKER,
roman historique publié aux éditions du Petit Pavé

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