Des marécages de la Boivre au quartier de la gare

C’est que la vallée a bien changé depuis les temps anciens au cours desquels l’homme s’est battu pour dompter les crues hivernales de la rivière. Aujourd’hui, le cours d’eau est canalisé et les marécages putrides ont laissé place au quartier de la gare avec l’arrivée du chemin de fer en 1851. Les hommes ont alors percé les boulevards (Grand Cerf, Jeanne d’Arc, Pont-Achard, Solférino, Verdun) pour relier ce secteur au centre-ville, tandis que des travaux de terrassement permettaient la réalisation d’escaliers et de murs de soutènement à l’aplomb du  centre historique.

Tout ou presque est à refaire lorsque le quartier est détruit sous des centaines de bombes larguées par les bombardiers alliés dans la nuit du 12 au 13 juin 1944. Il faut coûte que coûte empêcher les divisions allemandes stationnées au sud de la France de faire mouvement vers la Normandie où vient d’avoir lieu le débarquement du 6 juin. Les Poitevins pleurent 173 victimes et secourent des centaines de blessés. Quant aux dégâts matériels ; ils sont considérables, de la gare entièrement détruite, aux immeubles du boulevard du Grand-Cerf.

La reconstruction dure une dizaine d’années et marque encore la physionomie de ce quartier, au style géométrique et épuré. Il faut faire vite pour reloger les nombreux sinistrés et relancer l’activité économique qui passe par la voie ferrée. C’est en 1956 que la nouvelle gare est terminée.

Depuis le début du XXIème siècle, de vastes travaux embellissent le quartier et le rendent plus fonctionnel. La piétonisation de la place devant le pôle multimodal de la gare offre désormais un espace plus vaste et plus aéré.

La construction du viaduc Léon Blum (remplaçant celui des Rocs) souligne par son esthétisme aérien, la victoire des hommes sur la géographie.

Enfin, la rénovation de la Porte de Paris, outre le fait qu’elle facilite la circulation, met en valeur  la tour du Cordier, prouvant que Poitiers, résolument tournée vers l’avenir, n’en oublie pas pour autant son riche passé. 

Philippe JEANMICHEL

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