Le long du Clain romantique

Comme on l’apprenait autrefois à l’école communale, le Clain est une rivière qui traverse le département de la Charente où elle y prend sa source à Hiesse, puis celui de la Vienne pour se jeter dans la Vienne à Cenon-sur-Vienne près de Châtellerault.

D’une longueur de moins de 150 kilomètres, cette rivière de pays calcaire, entaille fortement les plateaux à certains endroits tandis qu’elle traverse en méandres trente-trois communes, essentiellement en Vienne, notamment Vivonne, Saint-Benoît, Poitiers et Chasseneuil-du-Poitou. Elle dispose du renfort de treize affluents dont la Boivre qui la rejoint à Poitiers. Rivière plutôt calme, elle déborde parfois comme le relate l’histoire de Poitiers. C’est notamment le cas lorsqu’une crue coupe la circulation sur les boulevards en décembre 1982.

« Voici Poitiers, ville antique des Gaules,
Voici le Clain dont les eaux de cristal,
Par cent détours, sur un lit inégal,
Paisiblement s’écoule sous les saules »

L’auteur de cette chanson, Ernest Chebroux, naît à Lusignan en 1840 dans une famille pauvre. Il s’installe à Paris où il devient chanteur, poète, chansonnier, compositeur, peintre et goguettier célèbre. Se souvenant de son enfance misérable dans le Poitou, il écrit cette chanson poétique qu’il intitule « les rives du Clain ». Il préside la Société du Caveau, célèbre société festive et chantante du temps des goguettes parisiennes. Il décède en 1910 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Jules Sandeau, né à Aubusson en 1811, amant de Georges Sand (dont elle gardera une partie du nom)  et ami de Balzac, choisit les berges du Clain comme décor de son plus grand roman, « mademoiselle de la Seiglière » :

«Gagnez les bords du Clain.  Le Clain est une petite rivière à laquelle la Vienne cède l’honneur d’arroser les prairies du chef-lieu de son département ».

Le roman qui raconte le retour d’un marquis sur ses terres à la Restauration, devient une comédie théâtrale en 1851 et un film en 1921. Sandeau est élu à l’Académie française en 1858 et décède en 1883.

Philippe jeanmichel

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Histoire / Une
  • Patrice Merelle Auteur

    Au bord du Clain

    Le Clain me regarde avec ce regard de dédain,
    D’éclat du ciel qui se reflète dans ses eaux,
    Comme un diamant orné à ces lendemains,
    Si rutilant qu’une oie cendrée de là-haut,
    S’est posée au gré de ses flots !

    Le Clain nourrit mes terres de ses illusions,
    Le temps des pluies qui efface nos cicatrices,
    Et resurgissent nos espoirs, nos passions
    Pour notre contrée, et à nouveau lisse
    De sa beauté vue de là-haut !

    Le Clain porte comme des filets de soie, ses eaux
    Arrosant les pieds de quelques lavoirs isolés,
    Et si vous passez par ici, en Vienne, vous resterez
    Emerveillés par ses fantaisies de chutes d’eaux,
    Lorsque vous rentrerez dans ses eaux !

    © Patrice Merelle 25-03-2014