Rue des Grandes-Ecoles : les débuts de l’université

En 1267, l’ordre des Cordeliers y installe un monastère, entouré de son enclos et de ses jardins dont on peut voir aujourd’hui, dans l’îlot des Cordeliers, les vestiges de la chapelle. Puis c’est au tour des religieux de Saint-Pierre de Bourgueil-en-Anjou d’y posséder des biens, notamment la cure de Saint Porchaire, dans le quartier marchand. En 1447, la rue accueille les bâtiments de la toute nouvelle université, dont la création a été décidée par le pape Eugène IV et le roi Charles VII en 1431. Celle-ci se compose alors des facultés de théologie, de droit civil et canonique, de médecine et des arts.

Réputée pour être la seconde université de France, elle attire sous Louis XII, plus de 4000 étudiants qui viennent de toute l’Europe. Certains deviennent célèbres : le poète Joachim du Bellay né à Liré en Anjou, l’écrivain libertin Guez de Balzac né à Angoulême, l’humaniste François Rabelais né près de Chinon, le philosophe et mathématicien René Descartes né en Touraine, l’Anglais Francis Bacon,  le poète Scévole de Sainte Marthe né à Loudun et futur maire de Poitiers. Les cours sont assurés par des religieux et le cursus dure cinq années pour obtenir le doctorat.

Les étudiants y subissent de nombreux examens et soutiennent leurs thèses qui sont annoncées par le glas de la cloche de l’université, placée dans le clocher de l’église Saint-Porchaire où elle se trouve encore! Les épreuves de thèse donnent lieu à de pompeuses cérémonies auxquelles toute l’université assiste en costume d’apparat!  Le seul bâtiment qui subsiste de nos jours est l’hôtel de l’Echevinage, qui, après avoir hébergé l’université, accueille les échevins de la ville avant de devenir l’hôtel de ville du XVIe siècle jusqu’à l’inauguration de l’actuel bâtiment à la fin du XIXe siècle. Il abrite aujourd’hui le siège de la Société des Antiquaires de l’Ouest, l’une des plus anciennes et des plus importantes sociétés savantes de France.

Philippe Jeanmichel

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