Le panorama des Dunes de Poitiers

Le point de vue qu’on y découvre permet de bien comprendre la création du centre antique puis médiéval sur le promontoire entouré des vallées du Clain et de la Boivre.

De face, la Grand’Rue est clairement visible, au pied du pont Joubert auquel on accède par de grands escaliers qui descendent des Dunes, « les dubes » ou « danges » pour les Gaulois, mots qui signifient « hauteur ». A gauche, on peut admirer une belle perspective sur l’église Sainte-Radegonde et la cathédrale Saint-Pierre et plus à droite, le bâtiment imposant de l’ancien lycée des Feuillants.

On imagine sans mal, se tenant à cet endroit, l’amiral Gaspard de Coligny assiégeant la ville pendant sept semaines en 1569, au nom du parti calviniste. La ville en sort meurtrie mais invaincue. Le tableau de François Nautré, réalisé en 1619 pour le 50ème anniversaire du siège, restitue bien la topographie des lieux. Il est conservé au musée Sainte-Croix.

 

Le quartier des Dunes prospère à partir du XIXème siècle,  au cours duquel la ville sort de son cocon historique. C’est l’époque de la IIIème république qui, voulant réarmer la France après la défaite de 1870, développe les installations militaires de la ville. La caserne d’Aboville y est créée en 1878, ainsi qu’un parc d’artillerie et un parc à fourrage. La statue de Notre-Dame-des-Dunes est inaugurée en 1876 par monseigneur Pie et protège la ville.

Emile-Frédéric Barthal, né à Figeac en 1855, est le colonel du 49ème Régiment d’artillerie de Poitiers quand éclate la Grande Guerre. Le 9 septembre 1914, il décède à Mondement où la bataille de la Marne fait rage, respectant l’ordre de Joffre «On se fera tuer sur place plutôt que de reculer». Il est inhumé à la nécropole nationale de Fère Champenoise.

Les futurs travaux d’embellissement du panorama, annoncés récemment, ne manqueront pas de renforcer l’attrait de cette promenade.

Philippe JEANMICHEL

J'en veux plus :
Histoire / Une