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Le fantôme de la place de la Liberté

Histoire/Art

Le fantôme de la place de la Liberté

Cette place paisible du centre-ville, à la frontière de Montierneuf, cache l’histoire héroïque de Jean-Baptiste Breton, général d’Empire.

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Photo Yvain Michaud – http://yvainmichaud.com

Cette place paisible du centre-ville, à la frontière de Montierneuf, cache l’histoire héroïque de Jean-Baptiste Breton, général d’Empire.

Jean-Baptiste Breton, surnommé Berton, Ardennais d’origine, est un général d’Empire. Au lendemain de Waterloo, ses états de service sont brillants. Il a été de toutes les campagnes de la République, du Consulat et s’est battu sur tous les champs de bataille aux côtés du Petit Caporal. Lorsque ce dernier part écrire sa légende à Sainte-Hélène, Berton ne se résout pas à subir la restauration monarchique. Il imagine libérer l’empereur de son exil lointain et complote contre le roi Louis XVIII. En 1822, avec ses amis, « les chevaliers de la Liberté », il passe à l’acte à la tête d’un petit contingent, tente un coup de main insurrectionnel à Thouars et menace le Saumurois. Mais, dénoncé, il est arrêté le 17 juin et guillotiné à Poitiers le 5 octobre par la Cour Royale. Lorsqu’il monte à l’échafaud, il lance un vibrant « Vive la Liberté » sur cette place qui va porter ce nom.

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En effet, en 1900, celle-ci, connue jadis comme la place du Marché-Neuf puis du Piloris est rebaptisée Place de la Liberté par la IIIème République. Les loges maçonniques de la ville y font même installer en 1903, un modèle de la célèbre statue de Bartholdi pour honorer sa mémoire. Une citation de « l’Esprit des Lois » de Montesquieu, gravée sur le socle, est malheureusement devenue quasi-illisible: « Quand l’innocence des citoyens n’est pas assurée, la Liberté ne l’est pas non plus ».

Une rue adjacente porte son nom et une autre, celle de son avocat, Sylvain Drault. Ce dernier, qui subit la rancune du pouvoir en place pour son illustre défense, deviendra par la suite avocat général, puis procureur général de Poitiers avant d’être élu député de la Vienne en 1848.

Vous qui vous promenez dans ce quartier, pensez à Berton et vous entendrez son cri, ce cri du supplicié qui devient immortel au moment même où son bourreau lui ôte la vie.

Philippe Jeanmichel, auteur de MARIKER,
roman historique publié aux éditions du Petit Pavé.

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