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L’abbaye Saint-Jean de Montierneuf, édifiée pour l’amour d’une femme

Histoire/Art

L’abbaye Saint-Jean de Montierneuf, édifiée pour l’amour d’une femme

Découvrons l’abbaye Saint-Jean de Montierneuf.

En 1074, le comte Guy-Geoffroy, dit Guillaume VIII (1023-1086) décide de construire à Poitiers une grande abbaye, rattachée au puissant ordre de Cluny, qui devient le « monastère neuf » (Montierneuf) pour le distinguer de Saint-Cyprien, l’autre monastère, bénédictin, de la ville.

Guillaume est un homme de conquêtes. Comte du Poitou et duc d’Aquitaine depuis 1058, son prestige est immense dans la chrétienté depuis qu’il a pourchassé les sarrasins jusqu’à Barbastro en Espagne en 1063. Il est aussi vaillant homme avec les femmes et c’est pour obtenir la dérogation papale à son mariage consanguin avec Audéarde de Bourgogne qu’il fait construire  l’abbaye. Le pape Urbain II consacre l’édifice le 22 janvier 1096, lors de son voyage en France au cours duquel il lance un appel à la première croisade pour libérer le tombeau du Christ au concile de Clermont en novembre 1095.

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C’est à cette époque que le bourg de Montierneuf se développe, notamment grâce aux moulins de Chasseigne, au confluent de la Boivre et du Clain. L’endroit, bientôt rattaché à la cité, est propice à des activités artisanales en lien avec la rivière comme la tannerie, le travail du cuir et la minoterie. Par la suite, la construction de l’hôpital de la Charité (1625-1658), puis de  l’hôpital Général à partir de 1688 donnent au quartier une importante mission hospitalière.

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Dans les années 1640, l’église de l’abbaye perd sa façade romane en piteux état et entreprend une métamorphose gothique dont le résultat donne une heureuse synthèse  des deux styles.

À la révolution, l’abbaye est convertie en caserne, renommée Quartier Dalesme en 1887. Le 20e régiment d’artillerie s’y installe, puis le 109e régiment d’artillerie. Parmi les chapiteaux de l’église, on peut voir celui des éléphants, dont l’original est conservé au Musée Sainte-Croix et qui est la plus ancienne représentation d’éléphants dans l’art français.

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A signaler également la statue polychromique de la Vierge dans le cœur qui aurait évité l’incendie de la Place du Pilori (future Place de la Liberté) suite à l’embrasement d’un sac de poudre. La sépulture du comte-duc est retrouvée sous la nef au XIXème siècle et son gisant, détruit à la révolution, est remplacé pour conserver son souvenir.

Philippe Jeanmichel, auteur de MARIKER,
roman historique publié aux éditions du Petit Pavé

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