Restons connecté

La Grand-Rue : une ancienne voie romaine qui séparait la ville en deux quartiers

Histoire/Art

La Grand-Rue : une ancienne voie romaine qui séparait la ville en deux quartiers

Cette semaine partons à la découverte de l’histoire de la Grand’Rue.

La Grand-Rue suit le tracé du decumanus (l’axe est-ouest dans une ville romaine, l’autre axe étant appelé le cardo) en ligne droite de l’église Notre-Dame-la-Grande au quartier Sainte-Croix et à la cathédrale, pour descendre ensuite le versant oriental de l’éperon jusqu’au Clain, avec une déclinaison d’environ 40 mètres.

Charles VII y réside en 1422 et François Ier en 1519. Le 11 décembre 1539, l’empereur Charles Quint la traverse avec sa cour. Elle présente notamment de beaux hôtels particuliers. Au n°79, se trouve la maison du boulet de canon ainsi surnommée à cause d’un boulet incrusté dans son mur. Au n°96, l’hôtel des comtes de Briey, de style Renaissance, abrite une petite chapelle. L’hôtel de Rochefort se trouve  au n°102.

Donné en 1469 par le roi Louis XI à son notaire et secrétaire, Jean de Moulins, seigneur de Rochefort, l’hôtel  demeure jusqu’au milieu du XVIIe siècle la propriété de la famille de Moulins. Ce qui en subsiste aujourd’hui est édifié par Isaïe Brochard, échevin de Poitiers, et son épouse, Charlotte de Moulins, entre 1599 et 1629. L’hôtel sert de logis à plusieurs intendants avant d’être acheté en 1786 par Louis XVI pour servir de magasin aux vivres et de boulangerie militaire.

Au n°116, le collège de Géléasis est fondé au XVIe siècle par Pierre de Sacierge, évêque de Luçon. Il sert d’hôpital durant le siège de 1569 et est ensuite confié à l’Ordre des Minimes en 1591 qui le transforme en couvent jusqu’à la Révolution.

Au n°118, la façade de la maison des Trois-Clous dite maison de Charles VII, avec son toit aigu orné de gargouilles, présente saint Tobi, sculpté dans la pierre ; un saint vénéré par les fabricants de galoches. Au 159, voici l’hôtel du grand prieuré d’Aquitaine de l’Ordre des Hospitaliers de Jérusalem, construit par Gilbert de Vieilbourg, Grand Prieur de 1663 à 1672. L’établissement de l’Ordre à Poitiers administrait les commanderies situées en Bretagne, dans le Maine, l’Anjou, la Touraine, le Poitou, l’Angoumois et la Saintonge.

La façade est assez étroite sur la Grand- Rue, mais elle s’étend dans le cœur l’îlot, jusqu’à la rue Montgautier. Depuis toujours, la Grand-Rue rue est réputée pour sa vocation commerciale, aujourd’hui remise à l’honneur, même si les petites boutiques et galeries d’art ont remplacé les vendeurs de casques et d’épées réputés du Poitou.

A suivre.

Philippe Jeanmichel

Continuer à lire
Publicité Le petit futé
Vous aimerez aussi

Dir. de publication

2 commentaires

Plus de Histoire/Art

Haut