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Quand les gladiateurs s’affrontaient dans les arènes de Poitiers

Histoire/Art

Quand les gladiateurs s’affrontaient dans les arènes de Poitiers

Bien que disparu, l’amphithéâtre de Lemonum marque toujours la ville de son empreinte.

Entendez-vous les hurlements rageurs du petit peuple, le frottement sec des armes qui s’entrechoquent, les provocations bestiales des hommes qui s’entretuent, le râle des agonisants qui gisent sur la piste ? Voyez-vous dans les gradins, ces femmes de la haute société en pâmoison devant les virils gladiateurs pendant que leurs riches époux en profitent pour discuter affaires ?

romain poitiers

L’amphithéâtre de la cité des Pictons est immense et plein à craquer, d’au moins 30.000 spectateurs ivres de joie et de folie. On dit que ces arènes sont parmi les plus grandes d’Aquitaine, voire de la Gaulle, parmi les plus récentes aussi puisque construites au premier siècle de notre ère. On les dit même plus vastes que celles de Nîmes ou Arles!

Ce bâtiment grandiose, construit au sud du promontoire, de plus de 150 mètres de long, 130 de large et 28 de hauteur, marque encore la physionomie de la cité. En effet, l’actuelle rue Magenta suit  son axe longitudinal tandis que les rues Ferdinand-Foch et d’Alsace-Lorraine convergent vers son centre. Les rues Bourcani, Petit-Bonneveau, des Arènes Romaines et Rabelais matérialisent ses contours arrondis.

amphi poitiers

L’immense édifice dédié aux jeux est victime des invasions barbares, puis tombe en désuétude, des habitations et des jardins particuliers s’imbriquant dans ses murs tout au long du Moyen Age. Ses ruines sont bien mentionnées de façon romantique dans les écrits et gravures de l’époque mais la scandaleuse destruction de l’ensemble est ordonnée en 1858 pour faciliter l’extension urbaine de la ville, malgré la vive protestation des sociétés savantes.

poitiers

Il ne reste presque rien du bâtiment, hormis dans quelques maisons et caves des rues voisines où l’on trouve encore soubassements, voûtes et arches. Heureusement, la science vient au secours du patrimoine et des études devraient prochainement permettre une reconstitution en 3D de cet édifice monumental et le faire revivre virtuellement auprès des Poitevins.

Le témoignage exceptionnel des vestiges de la rue Bourcani pourrait aussi être mieux valorisé pour mieux le faire connaître.

Philippe Jeanmichel, auteur de MARIKER,
roman historique publié aux éditions du Petit Pavé.

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