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Du parc de Blossac aux récifs de Vanikoro

Histoire/Art

Du parc de Blossac aux récifs de Vanikoro

Lorsque Gaspard Duché de Vancy réalise vers 1780 sa légère aquarelle de « l’entrée du parc de Blossac à Poitiers », les principaux travaux sont terminés.

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Lorsque Gaspard Duché de Vancy réalise vers 1780 sa légère aquarelle de « l’entrée du parc de Blossac à Poitiers », les principaux travaux sont terminés.

L’attrait du parc est double ; offrir une promenade publique à la ville sur le terrain vague dit des Gilliers mais également répondre aux ordres de Louis XV visant à améliorer les pépinières royales et acquérir des terrains propres à la plantation de mûriers. Sa construction réserve de belles surprises « lorsqu’en l’année 1770, on ouvrit la terre pour la plantation des arbres, on trouva un grand nombre de tombeaux sans ornement, des urnes nombreuses… ». L’architecture de la ville en est chamboulée : « on y trouva aussi les reste d’un aqueduc qui amenait les eaux dans l’antique Lemonum ». Le résultat dépasse toutes les espérances : « La Beauce est fière de ses moissons, Paris vante ses Tuileries ; on cite le Blossac de Poitiers ».

Le parc est ainsi fêté par les poètes, même si certains grincheux le critiquent ; « le parc, dit l’un de ces derniers, n’offre rien qui prête à belle poésie, ces longues allées toujours raides et alignées… ». Gaspard Duché de Vancy, artiste plutôt mondain, sans doute protégé de Marie-Antoinette, ignore encore sa participation quelques années plus tard au voyage de La Pérouse autour du monde en tant qu’artiste officiel de l’expédition. Il y réalise des dessins réalistes des Russes et Asiatiques qu’il rencontre au Kamtchatka ou dans l’île de Sakhaline*. Il disparaît avec ses compagnons d’infortune sur les rochers de Vanikoro, dans l’archipel des Salomon, en juin 1788. Il rejoint ainsi Jean François de Galaup, comte de La Pérouse dans la mort. Une disparition suffisamment étrange pour que Louis XVI s’interroge en montant à l’échafaud : « A-t-on des nouvelles de monsieur de La Pérouse ? ». Un crâne découvert en avril 2003 laisse penser à celui de l’artiste mais les tests ADN ne corroborent pas cette thèse.

Philippe Jeanmichel, auteur de MARIKER,
roman historique publié aux éditions du Petit Pavé.

 mariker

*« L’influence française en Russie au XVIIIème siècle » de Jean-Pierre Poussou, publié en 2004 aux Presses de l’Université Paris-Sorbonne

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