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Le diable s’habille comme Jules Berry

Histoire/Art

Le diable s’habille comme Jules Berry

Jules Paufichet naît le 9 février 1883 à Poitiers. Son père, quincailler, porte beau et se fait appeler « président Berry », en référence au duc de Berry.

Ce goût immodéré pour l’ostentation marquera le petit Jules qui quitte le Poitou avec sa famille pour la capitale, leur père Louis ayant trouvé un beau poste de chef de rayon au magasin le  Printemps.

Avec ses frères Joseph et Marcel, le voilà à Paris, capitale de la frivolité. Malicieux et roublard, Jules commence à goûter à la scène; il a trouvé sa destinée. Bon élève, il s’inscrit aux Beaux-Arts mais les jolies filles et le jeu l’amènent à rater le Conservatoire. Qu’à cela ne tienne, il apprend à jouer du piano, suit des cours de diction, écrit des textes et s’habille de beaux costumes pour faire le galant. Il décroche alors un premier engagement dans un théâtre parisien et prend pour nom de scène « Jules Berry ». Il rêve du « Français » mais comprend vite que ce n’est pas pour lui.

Son chemin passe plutôt par les théâtres de boulevard où sa grandiloquence et son sens du comique lui offrent de petits rôles jusqu’à son départ pour le service militaire. De retour en 1908, il enchaîne à l’Athénée, au théâtre Antoine, à l’Ambigu et entame une carrière dans l’autre capitale francophone qu’est Bruxelles. La Grande Guerre l’appelle sous les drapeaux et Jules se sent obligé de s’y faire également remarquer en gagnant la Croix de Guerre pour acte de bravoure! L’entre-deux-guerres est une période faste pour lui car le cinéma « parlant » ouvre les bras à cet orateur exceptionnel.

Dandy séducteur, portant cape et chapeau, il est la coqueluche du Tout-Paris et s’affiche avec les starlettes. Enjoué, mondain, joueur invétéré, talentueux au point de ne pas apprendre ses textes, on l’aime ou on le déteste, c’est selon. Son rôle de diable machiavélique dans les « visiteurs du soir », le film de Marcel Carné tourné en 1942, marque le sommet de sa carrière. Une crise cardiaque le conduit au Père Lachaise le 23 avril 1951, mettant un terme à une filmographie hors du commun. Son épouse, Josseline Gaël, compromise pendant la Collaboration, repose en Charente.

Philippe Jeanmichel, auteur de MARIKER,
roman historique publié aux éditions du Petit Pavé

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