Charlotte-Flandrine de Nassau, abbesse de Sainte-Croix à Poitiers de 1603 à 1640

Son père est Guillaume Ier, prince d’Orange, comte de Nassau, surnommé le Taciturne, premier stathouder des Provinces-Unies indépendantes et protestantes. Sa mère, Charlotte de Bourbon-Vendôme, princesse de Montpensier, est issue d’une influente famille protestante française. Six filles naissent de cette union dont trois lient leur destin au Poitou. Flandrine, future abbesse à Poitiers, Brabantine, qui épouse Claude de la Trémoïlle, comte de Thouars, puissant seigneur protestant du Poitou et de la Saintonge et Elisabeth qui devient princesse de Sedan et unit  sa fille Marie à Henri III de la Trémoïlle, fils de Claude. Lorsque sa mère décède en 1582, Flandrine n’a que trois ans. Elle rejoint sa tante, abbesse de Sainte-Croix de Poitiers depuis 1570. Elle abjure  la religion calviniste en 1588 à 9 ans, fait sa première communion l’année suivante et prend le voile à 15 ans.

Il arrive parfois que les trois sœurs se rencontrent mais elles n’oublient jamais que leur sœur est catholique et cloîtrée Lorsqu’elle devient abbesse à 24 ans en succédant à sa tante, elle imprime un fort renouveau spirituel et l’abbaye s’enrichit grâce à une gestion dynamique. Elle étend l’influence de l’abbaye en fondant en 1633, un prieuré de religieuses aux Sables-d’Olonne. C’est à cette occasion qu’elle fait naufrage sur la côte vendéenne. En remerciement de son sauvetage, elle fait élever une chapelle dans le port de Bourgenay dont un monument en rappelle toujours l’existence.

Cette aisance financière permet de procéder à de nombreux travaux d’embellissement. Elle fait venir des Pays-Bas, des œuvres du peintre Everard-Quirijnsz van der Maes dont les vingt tableaux sur cuivre des « mystères de la vie du Christ » qui sont conservés depuis au Musée Sainte-Croix de Poitiers.

Le sculpteur Gervais de la Barre travaille à sa demande, aux décors de  l’abbaye, dont les statues sont aujourd’hui disséminées dans plusieurs églises de la ville et de la région. Il réalise également le retable du maître-autel qu’elle offre en 1609 à la chapelle Saint-Louis du collège des  Jésuites de Poitiers. Les armoiries de l’abbesse y sont toujours visibles. A la mort de Flandrine de Nassau, l’abbaye connaît le plus grand rayonnement spirituel de son histoire et jusqu’à la Révolution, l’abbaye ne subira  aucune grave crise. L’abbaye est désormais installée à La Cossonnière sur la commune de Saint-Benoît.

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