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Les Archives Départementales de la Vienne : un lieu de mémoire bien vivant

Histoire/Art

Les Archives Départementales de la Vienne : un lieu de mémoire bien vivant

Le bâtiment des Archives Départementales n’est pas seulement un édifice esthétique et fonctionnel, c’est aussi et surtout un lieu de mémoire.

Œuvre des architectes Bernard Feypell et Nicolas Bonnin, le bâtiment des Archives Départementales n’est pas seulement un édifice esthétique et fonctionnel qui a remplacé en 1996 l’ancienne chapelle des Jésuites de la rue Edouard Grimaux, c’est aussi et surtout un lieu de mémoire. Une mémoire qui doit rester éveillée. C’est le cas jusqu’au 22 avril avec cette exposition sur « des camps dans la Vienne» consacrée à l’internement des civils entre 1939 et 1945.

D’emblée, le décor est posé lorsqu’il est rappelé que durant cette période noire, les autorités françaises ont administré, en collaboration avec l’occupant, des camps tels que celui de Rouillé ou à Poitiers ceux  de la Chauvinerie et « de la route de Limoges ». On y apprend qu’il y a 70 ans, dans notre pays, celui des Lumières, plus de 11.000 personnes y sont internés : réfugiés espagnols, Tsiganes, Juifs, internés politiques dont de nombreuses femmes communistes dont beaucoup partent pour la Solution Finale. On découvre avec effroi le zèle du préfet d’alors à procéder à des internements en dehors de toute procédure judiciaire. Ces camps sont insalubres, les conditions de vie effroyables et la sous-alimentation chronique, notamment au camp « de la route de Limoges », construit sur des champs argileux à l’extérieur de la ville.

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Le bâtiment des Archives Départementales est installé à l’emplacement de cet ancien camp. En face, une rue porte le nom du père Jean Fleury. Ce jésuite courageux se voit décerner en 1964, la médaille des « Justes parmi les Nations » par le gouvernement d’Israël, en récompense de son action en faveur des internés de ce camp, avec l’aide du rabbin Elie Bloch et de sœur Cherer. Il met à l’abri les femmes du camp lorsque qu’arrive à Poitiers un bataillon de la redoutée Indische Freiwilligen Legion, une division SS composée d’hindous en août 1944.

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Une stèle, trop discrète, rappelle la sinistre existence de ce camp à l’angle de la rue du père Jean Fleury et de l’avenue Jacques Cœur. En cette période difficile que nous vivons, l’exposition que présentent les Archives Départementales est à visiter sans faute jusqu’au 22 avril 2016.

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Philippe Jeanmichel, auteur de MARIKER,
roman historique publié aux éditions du Petit Pavé.

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