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Antoine Claire Thibaudeau, un révolutionnaire poitevin qui n’a pas perdu la tête !

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Antoine Claire Thibaudeau, un révolutionnaire poitevin qui n’a pas perdu la tête !

Antoine Claire Thibaudeau, né à Poitiers le 23 mars 1765, conduit une carrière politique brillante de la révolution au Second Empire. 

Fils d’avocat, il le devient à son tour à la veille de la révolution. Il accompagne alors son père à Paris, lorsque ce dernier est élu député du Poitou aux Etats-Généraux réunis par le roi. Il est nommé procureur-syndic de Poitiers en 1791, année où il épouse la fille d’un négociant.

Antoine Claire Thibaudeau (Album du Centenaire)

L’année suivante le conduit à siéger à la Convention nationale en tant que jeune député de la Vienne dans les rangs de la Montagne. Il prend position en faveur de la mort du  roi avant d’assister à la chute des Girondins. Lorsque la terreur s’abat sur le pays, lui qui n’est pas Jacobin, se fait discret quand son père est emprisonné tandis que le chef des Jacobins du Poitou, Pierre-François Piorry, lui est défavorable pour d’obscures raisons familiales. Proche de Danton, il échappe à nouveau au fil de la guillotine, lorsque son ami monte à l’échafaud début 1794. Cette période troublée se termine avec la chute de Robespierre du 9 Thermidor an IV.

Prise de la Bastille (détail), peinture de Jean-Baptiste Lallemand vers 1790

Antoine Claire devient l’une des principales figures de la Convention en participant à la conduite de la guerre aux frontières et à la rédaction de la Constitution de l’an III. Opposé aux extrémismes, il gagne le surnom de Thibaudeau-barre de fer. Elu au Conseil des Cinq-Cents, le coup d’état de Barras du 18 fructidor an V le met momentanément à l’écart. C’est celui de Bonaparte du 18 brumaire an VIII qui lui permet de revenir sur le devant de la scène.

Bien que républicain, il admire Bonaparte qui le nomme préfet à Bordeaux puis à Marseille où il occupe ce poste durant onze ans. Pleinement rallié à l’Empire, il est fait comte en 1809, soutient Napoléon durant les Cent-Jours et combat le retour des Bourbons après Waterloo. Il connaît alors l’exil en Europe jusqu’à la révolution de 1830 et la chute de Charles X qui le font rentrer en France.

napoleon iii

Napoléon III

Il doit tout de même attendre la révolution suivante, celle de 1848, le retour de la république puis le coup d’état du 2 décembre 1851 de Napoléon III pour être nommé sénateur à 83 ans par le nouvel empereur qui surnomme affectueusement le vieux révolutionnaire Nestor.  Il  meurt à Paris le 9 mars 1854. A 89 ans, il est alors le dernier survivant des conventionnels.

Philippe Jeanmichel, auteur de MARIKER,
roman historique publié aux éditions du Petit Pavé

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